pour agir et construire avec Passion
10 Octobre 2013
JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME RURALE à Chaque année, les agricultrices sont mises en avant, le 15 octobre, pour souligner leur rôle essentiel et incontournable dans l’économie et dans la production agricole.
S’engager pour souligner l’importance de l’agriculture dans nos campagnes !
Nous avons de la chance dans notre beau pays de vivre en démocratie. Cette chance se mesure dès que nous regardons ce qui se passe dans des pays à à peine une heure de vol de chez nous. En tant que femme, la situation dans les pays totalitaires est souvent encore plus éprouvante que pour nos homologues masculins. Cette démocratie implique des règles, dont la première consiste à permettre à chacun de voter librement, mais aussi d’être impliqué en tant que candidat. Nous qui vivons et travaillons en milieu rural, savons que les agricultrices et agriculteurs en activité ne constituent plus la majorité des votants. Serait-ce une raison pour se désintéresser des élections locales ? Ou au contraire avons-nous encore aujourd’hui un devoir de présence dans nos municipalités ? Je pense que, plus que jamais, l’avenir de notre métier passe par le respect du droit de travailler dans nos champs comme dans nos granges. Il est vital de pouvoir expliquer nos besoins et notre façon de travailler en faisant entendre la voix de l’agriculture du 21ème siècle. Pour ce faire nous devons être présents dans les conseils municipaux.
Donner de son temps pour sa Mairie
Accepter d’être candidat quand cela nous est proposé, être force de proposition quand nous avons été « oubliés » cela demande de la volonté et du cran. Il est vrai, que nous avons tant d’autres choses à faire sur nos exploitations, avec nos familles, à travers nos engagements syndicaux ou autres. Passer ses soirées en réunion de conseil municipal, donner de son temps pour la commune peut paraître ingrat au première abord. C’est le prix à payer pour que nos communes entendent la voix des productrices et producteurs. Notre présence est un devoir indispensable, pour nous permettre d’exercer notre métier aujourd’hui et construire un avenir vivable pour les futurs agricultrices et agriculteurs.
S’engager indirectement pour soutenir un membre de la famille
Malgré la nécessite pour l’avenir de notre métier d’avoir des agricultrices et agriculteurs dans les conseils municipaux il peut y avoir parmi nous des personnes déjà très engagées par ailleurs et donc dans l’impossibilité d’assumer ce mandat de plus. Ce fut mon cas. Deux options se posent à celles et ceux qui à titre personnel sont déjà « sur bookés » : (1) ne rien faire, « après tout à titre personnel ce
n’est pas possible », ou (2) inciter et encourager un membre de sa famille à être candidat. Il va de soi qu’une candidature à une élection est un choix personnel, mais l’entourage familial peut avoir beaucoup d’influence sur le futur candidat ; soit en soutien ; soit pour l’inciter à se présenter… En tant qu’épouse de maire d’un chef-lieu de canton, il m’arrive de trouver que les réunions se succèdent. J’aimerais qu’il n’y ait pas conseil municipal lors des rares soirées où je suis libre. C’est bien sûr utopique et le soutien attendu implique aussi de participer aux événements de la commune… c’est tout un programme !
Soutenir un membre de sa famille afin que les problématiques de notre profession soient présentes dans les lieux de décision de nos communes n’a rien d’anodin ; c’est en soi un engagement. Tout comme nos engagements syndicaux cela implique de savoir « jouer collectif ». Chacun côte à côte se battant pour l’avenir de notre métier dans des lieux différents mais avec la même volonté et les mêmes objectifs.
Alors à toutes et à tous, je vous souhaite une bonne campagne !
Karen Serres, Présidente de la Commission Nationale des Agricultrices