Idée préconçue n° 4 : Pourquoi les produits français sont moins compétitifs que les produits importés ?
Voilà une question que l’on entend régulièrement.
Pour tenter d’y répondre il faut établir le constat suivant :
De nombreux exemples démontrent que la France perd des parts de marché non seulement sur les pays tiers, mais aussi avec les Etats membres de l’Union Européenne. Elle est devancée par l’Allemagne dans de nombreux secteurs.
Différents facteurs peuvent expliquer le recul de la France et le fait que les produits français soient moins compétitifs:
- les distorsions de concurrence
- contraintes environnementales plus fortes,
- coût du travail supérieur aux autres pays membres de la C.E.E.
- le poids croissant des contraintes administratives
Retrouver de la compétitivité et dégager des marges de progrès tout au long de la filière ne relève pas d’UN remède miracle, mais d’un effort simultané de tous les acteurs : l’Etat, mais aussi les agriculteurs, les industriels, les distributeurs.
L’Etat
Dans un contexte de rareté budgétaire, il peut redonner de l’oxygène :
- en éliminant les distorsions de concurrence
- en allégeant les contraintes administratives par la simplification,
- en réhabilitant la valeur « Production » face au discours de la décroissance,
- en reconnaissant et promouvant les efforts réalisés par les agriculteurs pour une agriculture durable, visant à répondre du mieux possible aux attentes fortes des citoyens.
Les Agriculteurs
Si la productivité dans les exploitations augmente régulièrement, des marges de progrès subsistent.
Au-delà de la performance technique, trois voies de progrès sont à appréhender :
- affiner la connaissance des coûts de productions et discerner les points d’amélioration.
- mieux adapter l’offre de production à la demande des marchés tant pour l’alimentation humaine que pour la chimie verte et saisir toutes les opportunités de croissance sur l’ensemble des segments (conventionnel, signes de qualité, bio, marchés de proximité, l’export, etc..),
- mieux organiser l’offre, à la fois pour améliorer l’efficacité globale de la filière et mieux y positionner les producteurs.
Les Industriels
Différentes études de FranceAgriMer, démontrent que, dans un bon nombre de secteurs, le clignotant est au rouge en ce qui concerne l’adaptation des outils industriels et la dynamique d’investissement.
Des efforts sont à envisager dans certains domaines tels :
- la restructuration des outils et équipements industriels : des filières se retrouvent en surcapacité structurelle d’outils, signe d’une réelle nécessité de restructuration pour abaisser les coûts, améliorer les performances et la productivité globale du maillon industriel.
- l’adaptation au marché, innovation et stratégie de la demande pour accentuer la création de valeur.
- l’équilibre des portefeuilles de marchés, notamment sur l’export pour pérenniser et sécuriser les débouchés.
- le renforcement du niveau d’organisation des entreprises pour construire des « entités économiques » leader sur leur marché et mieux peser dans les négociations commerciales.
La distribution
Le constat de l’observatoire des prix et des marges est implacable : certains distributeurs ne jouent pas le jeu.
Leur propre compétitivité ne peut se fonder exclusivement sur la compression de ses prix fournisseurs et par voie de conséquence sur les prix à la production.
Des garde-fous porteurs d’éthique, de bon sens et d’équilibre doivent être établis :
- l’identification de l’origine doit être une priorité.
- il doit être mis fin aux pratiques abusives (contrats imposés par la centrale d’achat, obtention d’avantages sans contreparties, rupture brutale de référencement sans préavis, …) qui pèsent sur la compétitivité des entreprises d’amont.
Source : FNSEA